• Accueil
  • > Recherche : poesie paris
( 22 février, 2015 )

Préface

J’ai choisi le thème de Paris, car il me plaît beaucoup. J’adore cette ville, mais je n’ai pas souvent l’occasion d’y aller. Grace à tous ces auteurs et tous ces poèmes, j’ai pu découvrir plus amplement cette magnifique ville de Paris et ce à toutes les époques et avec des visions totalement différentes parfois plus pessimistes, optimistes,réalistes, ou encore surréalistes. Je me suis promenée sous les serres de la poésie mais aussi les champs, sous les bosquets et sur le flanc des montagnes de l’art poétique avec des auteurs de Paris et/ou des poèmes sur Paris.

 

Préface  paris-aide-de-l-etat

 

A.Champain 2eF

( 19 février, 2015 )

Henri Thomas (1939-1993)

Né dans les Vosges, traducteur de l’allemand, Henri Thomas a travaillé à Londres à la BBC puis a donné des cours de littérature dans une université des Etats-Unis. Romancier, il a reçu en 1992 le Grand Prix de la société des Gens de Lettres pour l’ensemble de son œuvre. Citons de lui Poésie.

Henri Thomas (1939-1993)  thomas1

 

« Dans mon souvenir je vois… »

Dans mon souvenir je vois
une rue assez tranquille,
le soleil sur un pavois
de nuages immobiles.

C’est Paris chaud sous l’ardoise

et frais sous les marronniers,
le tabac, l’ennui la phrase,
et rôder pour  oublier.

C’est Paris comme avant-guerre,
diverse y fut ma jeunesse,
ô fatigue, ô nuit de pierre
et la soudaine allégresse.

Quelle chambre abandonnée
se souviendra des instants?
Il fait noir dans les années, 
le Temps mange ses enfants.

 

J’ai bien aimé la spiritualité profonde de Henri Thomas.

( 19 février, 2015 )

Louis Aragon (1939-1982) Surréalisme

Né à Paris, son histoire familiale est complexe. Après la guerre, il abandonne la médecine pour se consacrer à la littérature. En 1919, il fonde avec Berton le mouvement surréaliste. Après sa rencontre avec Elsa Triolet en 1928 Aragon adhère au parti communiste en 1930. Citons, Elsa, Les Poètes, Le roman inachevé, Le fou d’Elsa.

Louis Aragon (1939-1982) Surréalisme  Aragon

Complainte de Robert le diable

Tu portais dans ta voix comme un chant de Nerval
Quand tu parlais du sang jeune homme singulier
Scandant la cruauté de tes vers réguliers
Le rire des bouchers t’escortait dans les Halles

Parmi les diables chargés de chair tu noyais
Je ne sais quels chagrins Ou bien quels blue devils
Tu traînais au bal derrière l’Hôtel-de-Ville
Dans les ombres koscher d’un Quatorze-Juillet

Tu avais en ces jours ces accents de gageure
Que j’entends retentir à travers les années
Poète de vingt ans d’avance assassiné
Et que vengeaient déjà le blasphème et l’injure

Tu parcourais la vie avec des yeux royaux
Quand je t’ai rencontré revenant du Maroc
C’était un temps maudit peuplé de gens baroques
Qui jouaient dans la brumes à des jeux déloyaux

Debout sous un porche avec un cornet de frites
Te voilà par mauvais temps près de Saint-Merry
Dévisageant le monde avec effronterie
De ton regard pareil à celui d’Amphitrite

Enorme et palpitant d’une pâle buée
Et le sol à ton pied comme au sein nu l’écume
Se couvre de mégots de crachats de légumes
Dans les pas de la pluie et des prostituées

Et c’est encore toi sans fin qui te promènes
Berger des longs désirs et des songes brisés
Sous les arbres obscurs dans les Champs-Elysées
Jusqu’à l’épuisement de la nuit ton domaine

Oh la Gare de l’Est et le premier croissant
Le café noir qu’on prend près du percolateur
Les journaux frais les boulevards pleins de senteur
Les bouches du métro qui captent les passants

La ville un peu partout garde de ton passage
Une ombre de couleur à ses frontons salis
Et quand le jour se lève au Sacré-Coeur pâli
Quand sur le Panthéon comme un équarissage

Le crépuscule met ses lambeaux écorchés
Quand le vent hurle aux loups dessous le Pont-au-Change
Quand le soleil au Bois roule avec les oranges
Quand la lune s’assied de clocher en clocher

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu’au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre siècle saigne

Je pense à toi Desnos et je revois tes yeux
Qu’explique seulement l’avenir qu’ils reflètent
Sans cela d’où pourrait leur venir ô poète
Ce bleu qu’ils ont en eux et qui dément les cieux

 

Paris (1944)

Où fait-il bon même au coeur de l’orage
Où fait-il clair même au coeur de la nuit
L’air est alcool et le malheur courage
Carreaux cassés l’espoir encore y luit
Et les chansons montent des murs détruits

Jamais éteint renaissant de la braise
Perpétuel brûlot de la patrie
Du Point-du-Jour jusqu’au Père-Lachaise
Ce doux rosier au mois d’août refleuri
Gens de partout c’est le sang de Paris

Rien n’a l’éclat de Paris dans la poudre
Rien n’est si pur que son front d’insurgé
Rien n’est ni fort ni le feu ni la foudre
Que mon Paris défiant les dangers
Rien n’est si beau que ce Paris que j’ai

Rien ne m’a fait jamais battre le coeur
Rien ne m’a fait ainsi rire et pleurer
Comme ce cri de mon peuple vainqueur
Rien n’est si grand qu’un linceul déchiré
Paris Paris soi-même libéré

 

Aragon est un poète surréaliste avec une forme de poésie plutôt simple (vers mesuré et rimes), j’ai aimé ces poésies surtout Paris.

( 18 février, 2015 )

Jacques Réda (né en 1929)

Grand amateur de jazz et arpenteur inlassable de Paris, il collaboré à plusieurs revues poétiques et musicales et dirigé La Nouvelle Revues Française de 1987 à 1995. Il a obtenu le Grand Prix de Poésie de la Ville de Paris en 1984 et Grand Prix de l’Académie française en 1997.

Jacques Réda (né en 1929) AVT_Jacques-Reda_6702

 

« L’ombre montre à la Butte-aux-Cailles »

«Vers six heures, l’hiver, volontiers je descends l’avenue à gauche, par les jardins…» Ensuite, de Belleville à Passy, de Montmartre à la Butte-aux-Cailles, d’Antony à Saint-Ouen, il n’y a plus qu’à se laisser guider par les pas et les mots d’un promeneur tour à tour (ou ensemble) nuageux, curieux, inquiet, hilare, furibond, tendre, ahuri, à travers les arrondissements et banlieues de Paris qui éclatent, agonisent ou résistent encore sur leurs secrets. Et puis au-delà, dans les campagnes où le réseau intelligent des rails épouse l’équilibre et les fuites du paysage, vers une petite route de Bretagne, une pâtisserie à Vienne, les ponts de Fribourg. Mais toujours au rythme de la marche ou des trains, imitant le rebond plein d’espoir de labasse ambulante, en jazz, sur bon tempo. Sans cesse on repart, on recommence, cherchant de halte en halte le pourquoi sans réponse, le comment à la fois lyrique et familier de ce mouvement, pareil au monde lui-même qui resurgit sans cesse…

 

J’aime la ferveur espiègle de Réda.

 

 

( 18 février, 2015 )

Jacques Charpentreau (né en 1928)

Jacques Charpentreau était instituteur, puis professeur de français dans le 13 e arrondissement de Paris. Son œuvre compte une trentaine de recueils de poésies, dont la Fugitive mais aussi des contes, des nouvelles, des essais et des dictionnaires. Il préside aux destinées de la Maison de Poésie.

 

Jacques Charpentreau (né en 1928) 15+concorde

C’est place de la Concorde à Paris

C’est place de la Concorde à Paris

qu’un enfant assis au bord des fontaines

entre à pas de rêve au cœur de la nuit fraîche

comme l’eau claire des fontaines

Un enfant de nuit de rêve d’espoir

qui voudrait pouvoir lutter sans répit

contre son sommeil pour apercevoir

ses rêves de nuit venir à la vie

Un enfant de nuit de rêve d’espoir

qui voudrait pouvoir lutter sans répit

contre son sommeil pour apercevoir

ses rêves de nuit venir à la vie

Toutes les voitures avec leurs phares

toutes les voitures tracent pour lui

des lignes de feu flottant dans la nuit

comme de longs fils de vierge où

Paris retient son cœur ses rêves ses espoirs.

 

Je trouve cette place magnifique ce que dit Charpentreau tout à fait vrai.

( 18 février, 2015 )

Luc Bérimont (1915-1983)

D’origine ardennaise, journaliste, homme de radio, producteur, dénicheur de talents : une vie consacrée aux poètes et à la poésie.

 

 Je donne pour Paris

 

Poésie: Je donne, Luc Bérimont

 

C’est un poème original, que nous présente Luc Bérimont sur les capitales. 

( 18 février, 2015 )

George-Emmanuel Clancier (né en 1914)

Limousin d’origine, homme de radio, romancier, critique, il est lui-même poète avant tout. Sa poésie est profondément ancrée dans la terre, la « généalogie paysanne » ; elle chante la mémoire, l’écoulement des vies.

George-Emmanuel Clancier (né en 1914) Limoges-se-souvient-enfin-de-Georges-Emmanuel-Clancier_article_popin

-Paris espère

-Un jeune hiver se levait sur Paris

 

( 18 février, 2015 )

André Frénaud (1907-1993)

Né à Montceau-les-Mines, il fait ses études de philosophie et de droit à Paris. Fonctionnaire dans une administration publique de 1937 à 1967, il publie exclusivement des poèmes. Il reçoit le Grand Prix National de poésie en 1985. Citons de lui : Il n’y a pas de paradis, 1962, La Sainte Face, 1985, La Sorcière de Rome.

André Frénaud (1907-1993) frenaud2

-Suite de Paris

 

( 18 février, 2015 )

Paul Valet (190-1987)

Médecin dans la banlieue parisienne, il a participé à la Résistance. Une poésie souvent amère, virulente. Un combat contre l’hypocrisie sociale, de l’ironie, de la tendresse dans Les Poings sur les i, Table rase, La Parole qui me porte, Parole d’assaut.

Paul Valet (190-1987) arton971-7ff18

-Soir de Paris

 

( 18 février, 2015 )

Jean Tardieu (1903-1995)

Né dans l’Ain, Jean Tardieu fait ses études à Paris. Il devient rédacteur aux Musées Nationaux, puis chez Hachette jusqu’en 1939. Après la guerre il entre à la Radiodiffusion française. Il a traduit Goethe et Hölderlin. Auteur dramatique, il est l’auteur en poésie de L’accent grave et l’accent aigu, Le fleuve caché, La part de l’ombre, Margeries…

Jean Tardieu (1903-1995)

 

Le matin des oiseaux

A l’approche du matin,
il se fait une dispute
dans les arbres de Paris :

le moineau de Montparnasse
dit »c’est le jour d’aujourd’hui »

Le merle du Luxembourg
dit » Messieurs, voici le jour »

La chouette de Montsouris,
par la lumière chassée
pleure, pleure « Hui ! Hui ! Hui ! »

Comment disent, loin d’ici,
les rossignols de village

 

Ce qui n’est pas

petit printemps comme il fait beau
songez à tout ce qui n’est pas.

 

Nous pourrions être anthropophages
et nous manger au restaurant,
à chaque rue à chaque pas
il pourrait s’ouvrir un abîme,
nous pourrions perdre la mémoire
les gens d’une même famille
s’égorgeraient dans les tavernes
et le soir autour de la lampe
ils ne se reconnaîtraient pas.

 

Le ciel pourrait être invisible
il pourrait pleuvoir des crapauds
on pourrait mourir en naissant
on pourrait mourir en aimant
le soleil pourrait être noir
et les fruits gonflés de poison.

 

L’eau des fleuves pourrait bouillir
et le bain serait donc mortel
et les lèvres de l’amoureuse
seraient couvertes de serpents
et dans les jours du bel été
on entendrait des voix géantes
nous annoncer qu’il est trop tard…

 

Mais rien de la nuit de l’esprit
ne descend jusque dans ma main
et j’aime Paris sous la brume
le petit printemps de dimanche
le roulement des voitures
mon pas sur le macadam
mon regard dans le matin.

 

La Seine de Paris

De ceux qui préférant à leurs regrets les fleuves et à leurs souvenirs les profonds monuments aiment l’eau qui descend au partage des villes, la Seine de Paris me sait le plus fidèle à ses quais adoucis de livres. Pas un souffle qui ne vienne vaincu par les mains des remous sans me trouver prêt à le prendre et la relire dans ses cheveux le chant des montagnes, pas un silence dans les nuits d’été où je me glisse comme une feuille entre l’air et le flot, pas une aile blanche d’oiseau remontant de la mer ne longe le soleil sans m’arracher d’un cri strident à ma pesanteur monotone ! Les piliers sont lourds après le pas inutile et je plonge par eux jusqu’à la terre et quand je remonte et ruisselle et m’ébroue, j’invoque un dieu qui regarde aux fenêtres et brille de plaisir dans les vitres caché. Protégé par ses feux je lutte de vitesse en moi-même avec l’eau qui  ne veut pas attendre et du fardeau des bruits de pas et de voitures et de marteaux sur des tringles et de voix tant de rapidité me délivre… les quais et les tours sont déjà loin lorsque soudain je les retrouve, recouvrant comme les siècles, avec autant d’amour et de terreur, vague après vague, méandres de l’esprit la courbe de mon fleuve.

 

Ces poèmes sont truffés de notes d’humour décalées.

 

123
Page Suivante »
|