( 22 février, 2015 )

Préface

J’ai choisi le thème de Paris, car il me plaît beaucoup. J’adore cette ville, mais je n’ai pas souvent l’occasion d’y aller. Grace à tous ces auteurs et tous ces poèmes, j’ai pu découvrir plus amplement cette magnifique ville de Paris et ce à toutes les époques et avec des visions totalement différentes parfois plus pessimistes, optimistes,réalistes, ou encore surréalistes. Je me suis promenée sous les serres de la poésie mais aussi les champs, sous les bosquets et sur le flanc des montagnes de l’art poétique avec des auteurs de Paris et/ou des poèmes sur Paris.

 

Préface  paris-aide-de-l-etat

 

A.Champain 2eF

( 20 février, 2015 )

Jean Claude Lemesle (né en 1945)

Parolier né à Paris, il se passionne très jeune pour la chanson Il a écrit notamment pour Joe Dassin, Serge Reggiani, Gilles Marchal, Mirelle Mathieu… Et d’autres chanteurs tels que Johnny Hallyday, Julio Iglesias, Michel Sardou.  

 

Paris la nuit

Jean Claude Lemesle (né en 1945)  paris-10

 

Mon Paris la nuit

MON PARIS LA NUIT

 

 

Mon Paris

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J’ai aimé l’originalité des poèmes  de Jean Claude Lemesle.

( 19 février, 2015 )

Pierre Coran (né en 1934)

Pierre Coran écrit ses premiers textes rimés à l’âge de 9 ans. Le poète sera instituteur, directeur d’école, puis professeur d’histoire de la littérature au Conservatoire royal de Mons.

 

Pierre Coran (né en 1934)  400px-Eiffel_Tower_under_snow_from_Palais_de_Chaillot_2013-01-20_n02

Paris blanc

La neige et la nuit Tombent sur Paris,

À pas de fourmi.

Et la ville au vent Peint l’hiver en blanc,

À pas de géant.

La Seine sans bruit Prend couleur d’encens

Et de tabac gris. À l’hiver en blanc,

Le temps se suspend, À pas de fourmi.

À pas de géant Tombent sur Paris La neige et la nuit.

 

J’ai bien aimé ce poème de Pierre Coran, il est simple, court et amusant.

( 19 février, 2015 )

Jacques Roubaud (né en 1932)

Mathématicien, introduit à l’Oulipo par Raymond Queneau dès 1966, inventeur de contraintes formelles, tel le haïku oulipien généralisé, il est un des traducteurs de La Bible des écrivains. Citons de lui, Mono no aware, Graal fiction, 1978, Quelque chose de noir, 1986.

Jacques Roubaud (né en 1932) roubaud-jacques-01

 

 Les rues de Paris (extrait)

 «Je descendais cette rue qui était étroite, inclinée de soleil,

entre des automobiles d’une lenteur imprécise.

Descendant cette rue j’avais la sensation du passé,

d’un loin passé, d’une autre rue.

Je ne parvenais pas à y revenir.»

 

« le Paris où nous marchons »

« Le Paris où nous marchons

N’est pas celui où nous marchâmes

Et nous avançons sans flamme

Vers celui que nous laisserons »

 

Les poèmes de Roubaud sont souvent pleins de références, parfois implicites, parfois explicites.

( 18 février, 2015 )

René Guy Cadou (1920-1951)

Né et mort dans une école, cet instituteur vécut toute sa vie entre Loire et Océan. Parmi trente- trois plaquettes de vers, loin des modes et des consignes, s’imposent Hélène ou le règne végétal et le très beau chant de Nocturne.

René Guy Cadou (1920-1951) Rene-Guy-Cadou

 

« Pourquoi n’allez-vous pas à Paris ? »

- Pourquoi n’allez-vous pas à Paris ? 
- Mais l’odeur des lys ! Mais l’odeur des lys ! 

- Les rives de la Seine ont aussi leurs fleuristes 
- Mais pas assez tristes oh ! pas assez tristes ! 

Je suis malade du vert des feuilles et des chevaux 
Des servantes bousculées dans les remises du château 

- Mais les rues de Paris ont aussi leurs servantes 
- Que le diable tente ! que le diable tente ! 

Mais moi seul dans la grande nuit mouillée 
L’odeur des lys et la campagne agenouillée 

Cette amère montée du sol qui m’environne 
Le désespoir et le bonheur de ne plaire à personne 

- Tu périras d’oubli et dévoré d’orgueil 
- Oui mais l’odeur des lys la liberté des feuilles ! 

 

C’est un merveilleux poème. 

( 18 février, 2015 )

Luc Bérimont (1915-1983)

D’origine ardennaise, journaliste, homme de radio, producteur, dénicheur de talents : une vie consacrée aux poètes et à la poésie.

 

 Je donne pour Paris

 

Poésie: Je donne, Luc Bérimont

 

C’est un poème original, que nous présente Luc Bérimont sur les capitales. 

( 18 février, 2015 )

Alain Debroise (1911-1999)

Poète, Professeur d’Ecole normale, animateur de centres culturels.

Alain Debroise (1911-1999)  219b6fb

 

Tour Eiffel 

Tantôt, tu serais habitée

Par un million d’oiseaux.

Tantôt, tu serais habillée

De fleurs, de feuilles et de fruits.

Tantôt, tu quitterais

Paris Au beau milieu de la nuit

Pour partir seule à la mer.

Peut-être aussi penserais-tu

A inviter les pyramides

Au moins une fois l’an

Et vous ririez bien ensemble

D’ébahir les Parisiens

Qui ne croient jamais à rien.

 

J’ai bien aimé les vers de ce poème et notamment les rimes de ces deux derniers vers.

( 18 février, 2015 )

André Frénaud (1907-1993)

Né à Montceau-les-Mines, il fait ses études de philosophie et de droit à Paris. Fonctionnaire dans une administration publique de 1937 à 1967, il publie exclusivement des poèmes. Il reçoit le Grand Prix National de poésie en 1985. Citons de lui : Il n’y a pas de paradis, 1962, La Sainte Face, 1985, La Sorcière de Rome.

André Frénaud (1907-1993) frenaud2

-Suite de Paris

 

( 18 février, 2015 )

Jean Tardieu (1903-1995)

Né dans l’Ain, Jean Tardieu fait ses études à Paris. Il devient rédacteur aux Musées Nationaux, puis chez Hachette jusqu’en 1939. Après la guerre il entre à la Radiodiffusion française. Il a traduit Goethe et Hölderlin. Auteur dramatique, il est l’auteur en poésie de L’accent grave et l’accent aigu, Le fleuve caché, La part de l’ombre, Margeries…

Jean Tardieu (1903-1995)

 

Le matin des oiseaux

A l’approche du matin,
il se fait une dispute
dans les arbres de Paris :

le moineau de Montparnasse
dit »c’est le jour d’aujourd’hui »

Le merle du Luxembourg
dit » Messieurs, voici le jour »

La chouette de Montsouris,
par la lumière chassée
pleure, pleure « Hui ! Hui ! Hui ! »

Comment disent, loin d’ici,
les rossignols de village

 

Ce qui n’est pas

petit printemps comme il fait beau
songez à tout ce qui n’est pas.

 

Nous pourrions être anthropophages
et nous manger au restaurant,
à chaque rue à chaque pas
il pourrait s’ouvrir un abîme,
nous pourrions perdre la mémoire
les gens d’une même famille
s’égorgeraient dans les tavernes
et le soir autour de la lampe
ils ne se reconnaîtraient pas.

 

Le ciel pourrait être invisible
il pourrait pleuvoir des crapauds
on pourrait mourir en naissant
on pourrait mourir en aimant
le soleil pourrait être noir
et les fruits gonflés de poison.

 

L’eau des fleuves pourrait bouillir
et le bain serait donc mortel
et les lèvres de l’amoureuse
seraient couvertes de serpents
et dans les jours du bel été
on entendrait des voix géantes
nous annoncer qu’il est trop tard…

 

Mais rien de la nuit de l’esprit
ne descend jusque dans ma main
et j’aime Paris sous la brume
le petit printemps de dimanche
le roulement des voitures
mon pas sur le macadam
mon regard dans le matin.

 

La Seine de Paris

De ceux qui préférant à leurs regrets les fleuves et à leurs souvenirs les profonds monuments aiment l’eau qui descend au partage des villes, la Seine de Paris me sait le plus fidèle à ses quais adoucis de livres. Pas un souffle qui ne vienne vaincu par les mains des remous sans me trouver prêt à le prendre et la relire dans ses cheveux le chant des montagnes, pas un silence dans les nuits d’été où je me glisse comme une feuille entre l’air et le flot, pas une aile blanche d’oiseau remontant de la mer ne longe le soleil sans m’arracher d’un cri strident à ma pesanteur monotone ! Les piliers sont lourds après le pas inutile et je plonge par eux jusqu’à la terre et quand je remonte et ruisselle et m’ébroue, j’invoque un dieu qui regarde aux fenêtres et brille de plaisir dans les vitres caché. Protégé par ses feux je lutte de vitesse en moi-même avec l’eau qui  ne veut pas attendre et du fardeau des bruits de pas et de voitures et de marteaux sur des tringles et de voix tant de rapidité me délivre… les quais et les tours sont déjà loin lorsque soudain je les retrouve, recouvrant comme les siècles, avec autant d’amour et de terreur, vague après vague, méandres de l’esprit la courbe de mon fleuve.

 

Ces poèmes sont truffés de notes d’humour décalées.

 

( 18 février, 2015 )

Raymond Queneau (1903-1995) Surréalisme

Né au Havre, il vient à Paris poursuivre des études de lettres. Lié aux surréalistes, il devient Satrape du Collège de pataphysique, directeur de l’Encyclopédie de la pléiade, académicien Goncourt. Citons de lui Chêne et chien, Courir les rues, L’instant fatal.

Raymond Queneau (1903-1995) Surréalisme  Raymond_Queneau

 

Le petit peuple des statues

Le petit peuple des statues

Au Jardin des Tuileries

Est un petit peuple de nudistes

Ces messieurs et ces dames

Se mettent volontiers à poil

Bien qu’il y ait là des enfants

Et des touristes à l’âme pure

 

Et les pigeons leur chient dessus

Sur le petit peuple des statues

 

Cris de Paris

On n’entend plus guère le repasseur de couteaux

le réparateur de porcelaines

le rempailleur de chaiseson

n’entend plus guère que les radios qui bafouillent

des tourne-disques des transistors

et des télésou bien encore le faible

aye aye ouye ouyeque pousse un piéton écrasé

 

La rue Galilée 

Pourquoi n’a-t-on jamais chanté
la rue Galilée
La rue Galilée pleine de dahlias
La rue Galilée pleine d’hortensias
La rue Galilée aux nobles frontons
La rue Galilée aimée des piétons
La rue Galilée bordée de canaux
La rue Galilée chérie des autos
La rue Galilée terriblement belle
La rue Galilée qui est vraiment celle
qu’il me faut chanter
en prose et en vers
à tout l’Univers
la rue Croix-Nivert

L’Amphion

Le 
Paris que vous aimâtes n’est pas celui que nous aimons et nous nous dirigeons sans hâte vers celui que nous oublierons

Topographies! itinéraires! dérives à travers la ville 
I souvenirs des anciens horaires! que la mémoire est difficile…

Et sans un plan sous les yeux on ne nous comprendra plus car tout ceci n’est que jeu et l’oubli d’un temps perdu

 

 Mon beau Paris

Maisons lépreuses

maison cholérique

maisons empestées bâtisses

fienteuses immeubles

atteints de rougeole

de scarlatine

de vérole pavillons chlorotiques

pavillons scrofuleux

pavillons rachitiques

hôtels particuliers

Constipés baraques taudis

 

Ces poèmes de Raymond Queneau sont plutôt tristes. 

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