( 22 février, 2015 )

Préface

J’ai choisi le thème de Paris, car il me plaît beaucoup. J’adore cette ville, mais je n’ai pas souvent l’occasion d’y aller. Grace à tous ces auteurs et tous ces poèmes, j’ai pu découvrir plus amplement cette magnifique ville de Paris et ce à toutes les époques et avec des visions totalement différentes parfois plus pessimistes, optimistes,réalistes, ou encore surréalistes. Je me suis promenée sous les serres de la poésie mais aussi les champs, sous les bosquets et sur le flanc des montagnes de l’art poétique avec des auteurs de Paris et/ou des poèmes sur Paris.

 

Préface  paris-aide-de-l-etat

 

A.Champain 2eF

( 22 février, 2015 )

Sommaire

1-      Rutebeuf  (1245-1285)    

-      Le dit des ribauds de grève                                          

2-      François Villon (né vers 1434-après 1463)   

-      Ballade des femmes de Paris    

3-      Clément Janequin (1480-1558) 

-      Voulez vous ouïr les cris de Paris (extrait)

4-      Joachim du Bellay (1522-1560)                            

-« Depuis que j’ai laissé mon naturel séjour… »

- Si tu m’en crois, Baïf, tu changeras Parnasse

5-      François Maynard (1582-1646)          

-          Quand doi-je quitter les rochers

-          Adieu Paris, adieu pour la dernière fois                 

6-      Paul Scarron (1610-1660)

-          Sonnet sur Paris                                      

7-      Isaac de Benserade (1613-1691)

-          Sur la ville de Paris                          

8-      Molière (1622-1673)         

-          « Si le roi m’avait donné… »                                     

9-      Boileau (1636-1711)     

-          Les embarras de Paris   

-          Chant premier   

-          Discours au roi                         

10-  Claude Le Petit (1638-1662) 

-          Paris ridicule                 

11-  Marc-Antoine-Désaugiers (1772-1827)

-          Tableau de Paris à cinq heures du matin

-          Paris en miniature

12-  Alfred de Vigny (1797-1863) 

-          Paris                            

13-  Victor Hugo (1802-1885)     

-          A l’Arc de Triomphe, (extrait)

-          Paris incendié (extrait)

-          Jours de fête au environ de paris

-          Paris bloqué  

-          Jolie femmes

-          Les forts

-          Tu rentreras comme Voltaire

-          La sortie                            

14-  Charles Sainte-Beuve (1804-1869) 

-          La voilà, pauvre mère, à Paris arrivée…

-          Pour un ami

15-  Gérard de Nerval (1808-1855)

-          Notre Dame de Paris

-          Une allée au Luxembourg

-          Le coucher de soleil

-          Gaieté

-          1er janvier                      

16-  Alfred de Musset (1810-1857)         

-          Sonnet : « Que j’aime le premier frisson d’hiver … »

-          Conseil à une parisienne               

17-  Charles Baudelaire (1821-1867)         

-          Le cygne, Tableaux Parisiens

-          Les sept vieillards

-          Le crépuscule du matin             

18-  Charles Cros (1842-1888) 

-          « La maison est démolie…)

-          Déserteuses

19-  François Coppée (1842-1908)

-          Sur la tour Eiffel (extrait)

-          « C ‘est vrai, j’aime Paris d’une amitié malsaine… »

-          A Paris, en été, les soirs sont étouffants…

20-  Paul Verlaine (1844-1896) 

-          Un peu de bâtiment

-          Croquis Parisiens

-          Paris

-          Nouvelles variations sur le point du jour                                 

21-  Jean Moréas (1856-1910) 

-          Belle lune d’argent…

-          Le coq chante là-bas ; un faible jour tranquille

22-  Jules Laforgue (1860-1887)      

-          Ballade de retour

-          La petite infanticide

-          Dans la rue

-          Locution des Pierrots                         

23-  Gustave Charpentier (1860-1956) 

-          Louise

24-  Max Jacob (1876-1944)         

-          « A Paris… » (extrait)                      

25-  Guillaume Apollinaire (1880-1918)       

-          Le musicien de Saint-Merry

-          Le pont Mirabeau

-          « Salut monde… »

-          Voyage à Paris          

26-  André Salmon (1881-1969) 

-          Rue St Jacques

-          Un poète se promène

27-  Blaise Cendras (1887-1961)

-          Contrastes

-          Tour

28-  Paul Eluard (1895-1952)

-          Rêve

-          Courage

-          Dans Paris

29-  Maurice Carême (1899-1978)

-          La tour Eiffel

-          La souris de Paris

30-  Robert Desnos (1900-1945)      

-          Coupet de la rue de Bagnolet

-          Quartier Saint- Merry                      

31-  Jacques Prévert (1900-1977)          

-          Le jardin

-          Paris at night

-          Immense et rouge

-          Chanson de la seine                

32-  Raymond Queneau (1903-1976) 

-          Le petit peuple des statues

-          Cris de Paris

-          La rue Galilée

-          L’Amphion

-          Mon beau Paris                    

33-  Jean Tardieu (1903-1995) 

-          Le matin des oiseux

-          Ce qui n’est pas

-          La Seine de Paris

34-  Henri Calet (1904-1956)

-          De ma lucarne (extrait)

35-  Paul Valet (1905-1987)

-          Soir de Paris

36-  André Frénaud (1907-1993)

-          Suite de Paris

37-  Alain Debroise (1911-1999) 

-          Tour Eiffel

38-  George-Emmanuel Clancier (né en 1914)

-          Paris espère

-          Un jeune hiver se levait sur Paris

39-  Luc Bérimont (1915-1983)

-          Je donne pour Paris

40-  René Guy Cadou (1920-1951)

-          « Pourquoi vous n’allez pas à Paris ? »

41-  Jacques Charpentreau (né en 1928)

-          C’est place de la Concorde à Paris

42-  Jacques Réda (né en 1929)

       – « L’ombre monte à la Butte aux cailles »

43-  Jacques Roubaud (né en 1932) 

-          Les rues de Paris (extrait)

-          « le Paris où nous marchons »

44-  Pierre Coran (né en 1934) 

-          Paris blanc

45-  Louis Aragon (1939-1982)        

-          Complainte de Robert le diable 

-          Paris           

46-  Henri Thomas (1939-1993) 

-          « Dans mon souvenir je vois… »

47-  Jean Claude Lemesle (né en 1945) 

-          Paris la nuit

-          Mon Paris

-          Mon Paris la nuit

( 20 février, 2015 )

Jean Claude Lemesle (né en 1945)

Parolier né à Paris, il se passionne très jeune pour la chanson Il a écrit notamment pour Joe Dassin, Serge Reggiani, Gilles Marchal, Mirelle Mathieu… Et d’autres chanteurs tels que Johnny Hallyday, Julio Iglesias, Michel Sardou.  

 

Paris la nuit

Jean Claude Lemesle (né en 1945)  paris-10

 

Mon Paris la nuit

MON PARIS LA NUIT

 

 

Mon Paris

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J’ai aimé l’originalité des poèmes  de Jean Claude Lemesle.

( 19 février, 2015 )

Henri Thomas (1939-1993)

Né dans les Vosges, traducteur de l’allemand, Henri Thomas a travaillé à Londres à la BBC puis a donné des cours de littérature dans une université des Etats-Unis. Romancier, il a reçu en 1992 le Grand Prix de la société des Gens de Lettres pour l’ensemble de son œuvre. Citons de lui Poésie.

Henri Thomas (1939-1993)  thomas1

 

« Dans mon souvenir je vois… »

Dans mon souvenir je vois
une rue assez tranquille,
le soleil sur un pavois
de nuages immobiles.

C’est Paris chaud sous l’ardoise

et frais sous les marronniers,
le tabac, l’ennui la phrase,
et rôder pour  oublier.

C’est Paris comme avant-guerre,
diverse y fut ma jeunesse,
ô fatigue, ô nuit de pierre
et la soudaine allégresse.

Quelle chambre abandonnée
se souviendra des instants?
Il fait noir dans les années, 
le Temps mange ses enfants.

 

J’ai bien aimé la spiritualité profonde de Henri Thomas.

( 19 février, 2015 )

Louis Aragon (1939-1982) Surréalisme

Né à Paris, son histoire familiale est complexe. Après la guerre, il abandonne la médecine pour se consacrer à la littérature. En 1919, il fonde avec Berton le mouvement surréaliste. Après sa rencontre avec Elsa Triolet en 1928 Aragon adhère au parti communiste en 1930. Citons, Elsa, Les Poètes, Le roman inachevé, Le fou d’Elsa.

Louis Aragon (1939-1982) Surréalisme  Aragon

Complainte de Robert le diable

Tu portais dans ta voix comme un chant de Nerval
Quand tu parlais du sang jeune homme singulier
Scandant la cruauté de tes vers réguliers
Le rire des bouchers t’escortait dans les Halles

Parmi les diables chargés de chair tu noyais
Je ne sais quels chagrins Ou bien quels blue devils
Tu traînais au bal derrière l’Hôtel-de-Ville
Dans les ombres koscher d’un Quatorze-Juillet

Tu avais en ces jours ces accents de gageure
Que j’entends retentir à travers les années
Poète de vingt ans d’avance assassiné
Et que vengeaient déjà le blasphème et l’injure

Tu parcourais la vie avec des yeux royaux
Quand je t’ai rencontré revenant du Maroc
C’était un temps maudit peuplé de gens baroques
Qui jouaient dans la brumes à des jeux déloyaux

Debout sous un porche avec un cornet de frites
Te voilà par mauvais temps près de Saint-Merry
Dévisageant le monde avec effronterie
De ton regard pareil à celui d’Amphitrite

Enorme et palpitant d’une pâle buée
Et le sol à ton pied comme au sein nu l’écume
Se couvre de mégots de crachats de légumes
Dans les pas de la pluie et des prostituées

Et c’est encore toi sans fin qui te promènes
Berger des longs désirs et des songes brisés
Sous les arbres obscurs dans les Champs-Elysées
Jusqu’à l’épuisement de la nuit ton domaine

Oh la Gare de l’Est et le premier croissant
Le café noir qu’on prend près du percolateur
Les journaux frais les boulevards pleins de senteur
Les bouches du métro qui captent les passants

La ville un peu partout garde de ton passage
Une ombre de couleur à ses frontons salis
Et quand le jour se lève au Sacré-Coeur pâli
Quand sur le Panthéon comme un équarissage

Le crépuscule met ses lambeaux écorchés
Quand le vent hurle aux loups dessous le Pont-au-Change
Quand le soleil au Bois roule avec les oranges
Quand la lune s’assied de clocher en clocher

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu’au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre siècle saigne

Je pense à toi Desnos et je revois tes yeux
Qu’explique seulement l’avenir qu’ils reflètent
Sans cela d’où pourrait leur venir ô poète
Ce bleu qu’ils ont en eux et qui dément les cieux

 

Paris (1944)

Où fait-il bon même au coeur de l’orage
Où fait-il clair même au coeur de la nuit
L’air est alcool et le malheur courage
Carreaux cassés l’espoir encore y luit
Et les chansons montent des murs détruits

Jamais éteint renaissant de la braise
Perpétuel brûlot de la patrie
Du Point-du-Jour jusqu’au Père-Lachaise
Ce doux rosier au mois d’août refleuri
Gens de partout c’est le sang de Paris

Rien n’a l’éclat de Paris dans la poudre
Rien n’est si pur que son front d’insurgé
Rien n’est ni fort ni le feu ni la foudre
Que mon Paris défiant les dangers
Rien n’est si beau que ce Paris que j’ai

Rien ne m’a fait jamais battre le coeur
Rien ne m’a fait ainsi rire et pleurer
Comme ce cri de mon peuple vainqueur
Rien n’est si grand qu’un linceul déchiré
Paris Paris soi-même libéré

 

Aragon est un poète surréaliste avec une forme de poésie plutôt simple (vers mesuré et rimes), j’ai aimé ces poésies surtout Paris.

( 19 février, 2015 )

Pierre Coran (né en 1934)

Pierre Coran écrit ses premiers textes rimés à l’âge de 9 ans. Le poète sera instituteur, directeur d’école, puis professeur d’histoire de la littérature au Conservatoire royal de Mons.

 

Pierre Coran (né en 1934)  400px-Eiffel_Tower_under_snow_from_Palais_de_Chaillot_2013-01-20_n02

Paris blanc

La neige et la nuit Tombent sur Paris,

À pas de fourmi.

Et la ville au vent Peint l’hiver en blanc,

À pas de géant.

La Seine sans bruit Prend couleur d’encens

Et de tabac gris. À l’hiver en blanc,

Le temps se suspend, À pas de fourmi.

À pas de géant Tombent sur Paris La neige et la nuit.

 

J’ai bien aimé ce poème de Pierre Coran, il est simple, court et amusant.

( 19 février, 2015 )

Jacques Roubaud (né en 1932)

Mathématicien, introduit à l’Oulipo par Raymond Queneau dès 1966, inventeur de contraintes formelles, tel le haïku oulipien généralisé, il est un des traducteurs de La Bible des écrivains. Citons de lui, Mono no aware, Graal fiction, 1978, Quelque chose de noir, 1986.

Jacques Roubaud (né en 1932) roubaud-jacques-01

 

 Les rues de Paris (extrait)

 «Je descendais cette rue qui était étroite, inclinée de soleil,

entre des automobiles d’une lenteur imprécise.

Descendant cette rue j’avais la sensation du passé,

d’un loin passé, d’une autre rue.

Je ne parvenais pas à y revenir.»

 

« le Paris où nous marchons »

« Le Paris où nous marchons

N’est pas celui où nous marchâmes

Et nous avançons sans flamme

Vers celui que nous laisserons »

 

Les poèmes de Roubaud sont souvent pleins de références, parfois implicites, parfois explicites.

( 18 février, 2015 )

Jacques Réda (né en 1929)

Grand amateur de jazz et arpenteur inlassable de Paris, il collaboré à plusieurs revues poétiques et musicales et dirigé La Nouvelle Revues Française de 1987 à 1995. Il a obtenu le Grand Prix de Poésie de la Ville de Paris en 1984 et Grand Prix de l’Académie française en 1997.

Jacques Réda (né en 1929) AVT_Jacques-Reda_6702

 

« L’ombre montre à la Butte-aux-Cailles »

«Vers six heures, l’hiver, volontiers je descends l’avenue à gauche, par les jardins…» Ensuite, de Belleville à Passy, de Montmartre à la Butte-aux-Cailles, d’Antony à Saint-Ouen, il n’y a plus qu’à se laisser guider par les pas et les mots d’un promeneur tour à tour (ou ensemble) nuageux, curieux, inquiet, hilare, furibond, tendre, ahuri, à travers les arrondissements et banlieues de Paris qui éclatent, agonisent ou résistent encore sur leurs secrets. Et puis au-delà, dans les campagnes où le réseau intelligent des rails épouse l’équilibre et les fuites du paysage, vers une petite route de Bretagne, une pâtisserie à Vienne, les ponts de Fribourg. Mais toujours au rythme de la marche ou des trains, imitant le rebond plein d’espoir de labasse ambulante, en jazz, sur bon tempo. Sans cesse on repart, on recommence, cherchant de halte en halte le pourquoi sans réponse, le comment à la fois lyrique et familier de ce mouvement, pareil au monde lui-même qui resurgit sans cesse…

 

J’aime la ferveur espiègle de Réda.

 

 

( 18 février, 2015 )

Jacques Charpentreau (né en 1928)

Jacques Charpentreau était instituteur, puis professeur de français dans le 13 e arrondissement de Paris. Son œuvre compte une trentaine de recueils de poésies, dont la Fugitive mais aussi des contes, des nouvelles, des essais et des dictionnaires. Il préside aux destinées de la Maison de Poésie.

 

Jacques Charpentreau (né en 1928) 15+concorde

C’est place de la Concorde à Paris

C’est place de la Concorde à Paris

qu’un enfant assis au bord des fontaines

entre à pas de rêve au cœur de la nuit fraîche

comme l’eau claire des fontaines

Un enfant de nuit de rêve d’espoir

qui voudrait pouvoir lutter sans répit

contre son sommeil pour apercevoir

ses rêves de nuit venir à la vie

Un enfant de nuit de rêve d’espoir

qui voudrait pouvoir lutter sans répit

contre son sommeil pour apercevoir

ses rêves de nuit venir à la vie

Toutes les voitures avec leurs phares

toutes les voitures tracent pour lui

des lignes de feu flottant dans la nuit

comme de longs fils de vierge où

Paris retient son cœur ses rêves ses espoirs.

 

Je trouve cette place magnifique ce que dit Charpentreau tout à fait vrai.

( 18 février, 2015 )

René Guy Cadou (1920-1951)

Né et mort dans une école, cet instituteur vécut toute sa vie entre Loire et Océan. Parmi trente- trois plaquettes de vers, loin des modes et des consignes, s’imposent Hélène ou le règne végétal et le très beau chant de Nocturne.

René Guy Cadou (1920-1951) Rene-Guy-Cadou

 

« Pourquoi n’allez-vous pas à Paris ? »

- Pourquoi n’allez-vous pas à Paris ? 
- Mais l’odeur des lys ! Mais l’odeur des lys ! 

- Les rives de la Seine ont aussi leurs fleuristes 
- Mais pas assez tristes oh ! pas assez tristes ! 

Je suis malade du vert des feuilles et des chevaux 
Des servantes bousculées dans les remises du château 

- Mais les rues de Paris ont aussi leurs servantes 
- Que le diable tente ! que le diable tente ! 

Mais moi seul dans la grande nuit mouillée 
L’odeur des lys et la campagne agenouillée 

Cette amère montée du sol qui m’environne 
Le désespoir et le bonheur de ne plaire à personne 

- Tu périras d’oubli et dévoré d’orgueil 
- Oui mais l’odeur des lys la liberté des feuilles ! 

 

C’est un merveilleux poème. 

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